Mes écrits

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Je crée aujourd'hui sur ce blog une section "Mes écrits" afin d'en quelques sortes fusionner mes deux blogs en un seul et pouvoir vous faire partager à la fois des chroniques et des écrits.
N'hésitez pas à me laissez vos avis en commentaire :)


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"Texte écrit il y a 2 ans lors d'un Christmas Challenge. Il n'a pas de titre, seulement un thème, cette photo. C'est une sorte de petite réécriture, beaucoup plus sombre, du Petit Chaperon Rouge.

"Texte écrit il y a 2 ans lors d'un Christmas Challenge. Il n'a pas de titre, seulement un thème, cette photo. C'est une sorte de petite réécriture, beaucoup plus sombre, du Petit Chaperon Rouge.

# texte 1

-Little Red ?

-Oui maman ? Lui répondis-je.
-Pourrais-tu apporter un peu de bûche de Noël à ta grand-mère ? Je lui ai promis que je lui en garderais un morceau.
-Bien sûr.
J'attrapai mon panier en paille tressée, y insérai le bout de gâteau que ma mère voulait que j'apporte à ma grand-mère, enfilai mon long manteau rouge et sortis de la chaumière.

J'étais Little Red Ridding Wood. C'est ainsi qu'on me surnommait au village depuis quelques années.

Depuis deux ans, un loup terrorisait les villageois qui n'osaient plus sortir de chez eux. Même les plus valeureux chasseurs ne se risquaient pas très loin dans les bois. Le loup avait fait énormément de victimes. Ma mère et moi étions alors nouvelles au village. Nous avions déménagé dans une petite chaumière en plein bois, un peu à l'écart des autres habitants, afin de pouvoir nous occuper de ma grand-mère qui était souffrante et ne pouvait quitter le lit.
Etant un peu recluses, ma mère et moi-même ignorions complètement quelle bête sauvage sévissait alors dans les bois dans lesquels nous avions élu domicile. C'est donc tout naturellement que ma mère me demandait à chaque fois d'amener à grand-mère un peu de nourriture et du lait que je devais lui faire chauffer une fois chez elle.

Evidemment, par la suite, j'avais croisé ce loup à plusieurs reprises. Ça avait été comme s'il jouait avec moi. Il me suivait, me pistait, se complaisait à faire tripler la vitesse des battements de mon cœur et à me tourner autour tel le prédateur qu'il était. Je dus le croiser une bonne centaine de fois et pourtant il ne tenta jamais rien. Alors, au fil de nos rencontres, j'appris à ne plus en avoir peur. Je voyais qu'il tentait encore par moment de m'effrayer, mais il n'y parvenait plus. Je savais qu'il ne me ferait jamais aucun mal. En hiver, il finit même par me porter sur son dos pour m'emmener chez ma grand-mère, afin d'éviter que je ne me mouille les pieds dans la neige.

Nous étions devenus amis.

Entre temps, j'avais fini par apprendre ce qu'il se disait au village. Le bruit courait que le loup et moi nous étions rapprochés. Et les villageois, imbus de superstitions douteuses, s'étaient mis en tête que ce n'était pas pour rien si ma mère et moi vivions à l'écart et si je me vêtissais constamment de rouge.
Non, pour eux, j'étais le fruit d'une union défendue : celle de ma mère avec le diable. Pour eux, j'étais la fille de Satan, une sorcière sans cœur et avide d'un sang aussi rouge que mes manteaux, qui avait envoûtée le loup pour qu'il terrorise le village. Quels gens pitoyables ils faisaient. Ils s'étaient alors mis à maltraiter ma mère pour m'avoir enfanté, et ce, dès qu'elle se rendait faire les courses au village, et à me craindre comme la peste. Ils priaient même leurs dieux de les garder de mon courroux.

Pauvres fous.


C'étaient eux qui avaient fait de moi ce que j'étais devenue, la nuit où ils s'étaient ligués contre moi. La nuit où ils avaient assassiné mon seul ami.
Quand je m'étais réveillée le matin et que je m'apprêtais à rendre visite à ma grand-mère, une surprise m'attendait dans le jardin où le froid hivernal avait commencé à tomber. Au bout d'une pique trônait piteusement la tête de mon loup. Au pied de cette pique, ses boyaux faisaient office de décoration de Noël.

A ce moment-là, alors que la haine emplissait chaque recoin de mon être, j'avais été certaine d'une chose : soit je mourrais, soit on m'accorderait ma vengeance.
J'avais alors couru vers le vieux pont de bois sur lequel j'avais l'habitude de retrouver mon loup. J'avais grimpé sur la rambarde branlante et avais sauté dans le vide sans hésiter une seule seconde.

J'aurais dû mourir. Mais ce ne fut pas le cas. J'avais alors esquissé un sourire : on m'offrait ma vengeance sur un plateau. Cependant, quelque chose s'était passée en moi. Une colère inimaginable avait remplacé mon sang et coulait maintenant dans mes veines. Mon cœur pensait vengeance et mon cerveau criait au massacre.

Et c'est ce que je fis.
Tous, un par un, je les avais tués.
J'avais commencé, comme le loup, à leur tourner autour, à faire monter leur peur jusqu'à ce qu'elle se transforme en terreur viscérale. Je les avais suivis vicieusement lorsqu'ils avaient été forcés de se rendre en forêt. Je m'étais imprégnée de leur crainte, puis les avais tués de la même manière qu'ils avaient assassiné mon loup, me nourrissant de leur dernier souffle comme d'un mets rédempteur.

Et, une fois seulement ma vengeance accomplie, j'étais retournée au vieux pont branlant et m'étais jetée une seconde fois dans le vide.

De l'autre côté, mon loup me revint. La haine qui depuis si longtemps m'habitait s'évanouit, et je pus reposer en paix.

 

Rédigé par Marhine

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